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Présentation

Admissions

 

Le campus accueille des étudiants admis par les différentes voies d’accès au collège de Sciences Po (concours, mention très bien, convention ZEP, procédure internationale). Il reçoit aussi chaque année des étudiants en cursus intégré provenant de l’Université catholique de Sao Paulo (Brésil), de l’Université Torcuato di Tella (Argentine) et de l’Université catholique de Santiago (Chili), et des étudiants du programme international inscrits dans les différentes universités partenaires de Sciences Po (Georgetown, Oxford, ITAM, etc.)

  

 

 

 

Programmes

Poitiers offre les mêmes enseignements fondamentaux que les autres campus du collège (Droit, Economie, Histoire, Science Politique et Sociologie). Ce programme de base est enrichi par des cours sur la zone ibérique et latino-américaine et un enseignement intensif de langues devant amener les étudiants diplômés du Bachelor à maîtriser quatre langues (Anglais, Espagnol, Français, Portugais).

 
Concernant les langues de travail, le campus offre deux programmes, l’un pour les francophones et l’autre pour les non francophones maîtrisant l’anglais et l’espagnol et/ou le portugais. Dans le premier, les cours ont lieu majoritairement en français ainsi que dans les trois autres langues du campus (anglais, espagnol, portugais). Dans le second, les cours en français sont assurés en anglais. Les deux programmes suivent le même contenu défini dans le projet pédagogique.

Durant leur scolarité à Poitiers, les étudiants se voient par ailleurs offrir la possibilité de suivre un cursus parallèle à l’Université de Poitiers, en droit, histoire et sociologie. 

 

Innovations pédagogiques

Parmi les avantages comparatifs du campus de Poitiers, figurent notamment une école d’automne «hors les murs» (à l’Université de Salamanque pour les étudiants de 1ère année, à l’Université Nova de Lisbonne pour ceux de 2ème année) et une école de printemps thématique ; une initiation optionnelle à la recherche, dans le cadre de l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (OPALC), qui a débouché sur la publication de deux ouvrages, l’Atlas de l’Amérique latine (Autrement, 2006 et 2009) et Amérique latine (collection «Idées reçues» du Cavalier Bleu, 2009) ; des projets collectifs, notamment dans les domaines culturels et humanitaires : de nombreuses activités culturelles et sportives, animées par les associations étudiantes, Bureau des élèves (BDE), Bureau des arts (BDA) et Association sportive ibéroaméricaine (ASI).

 

3ème année

Les étudiants de Poitiers réalisent durant leur troisième année un stage ou deux semestres d’étude dans la zone ibérique ou latino-américaine, où ils ont accès à plus de 40 universités partenaires. Sur la base d’un projet personnel, ils peuvent aussi séjourner dans un pays hors zone.

 

Corps enseignant

Les cours au campus de Poitiers sont assurés par de nombreux professeurs de l’Université de Poitiers, notamment en histoire, en droit, en économie et en langue. Certains cours fondamentaux, communs à l’ensemble des campus, sont retransmis en vidéoconférences. depuis le campus de Paris. Pour les cours de spécialisation, le campus accueille des professeurs invités d’universités ibériques ou latino-américaines, ou des programmes latino-américains d’universités nord-américaines (UCLA, Princeton, Columbia, etc.).

 

Alumni

Au fil des années, l’identité multiculturelle du campus s’est consolidée, comme en témoigne le dynamisme de l’association des anciens, La Red, qui organise des activités sur le campus parisien et aide les étudiants dans leur recherche de stage et d’emplois en Europe et en Amérique latine.

Projet pédagogique

Animé par l’ambition de former des décideurs voués à évoluer tant en Europe qu’en Amérique latine, le programme offre, en complément du projet éducatif de Sciences Po, une familiarisation poussée avec les grands débats de l’Amérique latine et de la péninsule ibérique actuelle.

 

En ce début de XXIème siècle, l’Amérique latine présente un visage contrasté. Bien qu’entièrement démocratisé et pleinement intégré à l’économie mondiale, ce continent est toujours taraudé par ses maux traditionnels, et demeure le plus inégalitaire et violent au monde. Pour autant, de nombreuses pratiques innovantes y voient le jour ou s’y répandent -démocratie participative, commerce équitable, développement durable, responsabilité sociale des entreprises, tiers secteur, micro crédits, etc.- qui révèlent une quête d’insertion vertueuse à la mondialisation.
Ce paradoxe structure les débats autour de deux grandes interrogations. L’une porte sur le modèle de développement vers lequel l’Amérique latine doit tendre pour se situer du côté des « gagnants » de la mondialisation. L’autre porte sur les modes de gouvernance susceptibles de faire advenir et encadrer cette évolution.

 

Modèle de développement : social et durable

Après avoir expérimenté avec insuccès les formules populistes, étatistes puis néolibérales, l’Amérique latine tente de se tourner vers un modèle de développement pragmatique, où le respect des grands équilibres macroéconomiques est mis au service d’une ambition sociale. La préservation de l’environnement, dans un contexte de mobilisations sociales pour le contrôle des richesses nationales, est aussi érigée au rang de priorité.

Ce modèle de développement n’est pas imposé « par le haut », mais porté par une multiplicité d’acteurs : gouvernements, entreprises privés, associations, fondations, ONG et organismes d’intégration. Il est défendu par l’Amérique latine sur la scène internationale, notamment dans le cadre interaméricain où les Etats-Unis tentent d’imposer une approche mercantiliste du développement.

 

Modes de gouvernance : pratiques participatives

Profondément déçue par les performances des démocraties, mais fermement décidée à ne jamais revenir à l’autoritarisme, l’Amérique latine se tourne résolument vers les pratiques participatives afin d’approfondir la démocratie et doter la prise de décision d’un surcroît de légitimité et d’efficacité.
Cette « bonne gouvernance » se retrouve aussi bien en entreprise privée qu’à tous les niveaux de l’action publique (local ou national) ou encore dans le tiers secteur. Des dispositifs de démocratie participative et inclusive sont notamment mis en œuvre dans les grandes villes, l’exemple de Porto Alegre au Brésil ayant inspiré de nombreuses municipalités, avant d’acquérir une portée mondiale, grâce au Forum social mondial. L’inclusion concerne aussi les minorités indiennes pour lesquelles des politiques multiculturelles sont mises en œuvre

L’Espagne et le Portugal, de leur côté, ont su rapidement consolider leur jeune démocratie et combler leur retard de développement. Ces pays offrent des expériences, notamment en matière d’intégration européenne ou du statut des autonomies, qui méritent examen.

 

Ces expériences, débats et pratiques sont abordés au campus de Poitiers dans les enseignements d’ouverture et les conférences. Ils donnent aussi lieu à des colloques, organisés à Poitiers ou à Paris, au Centre d’Études et de Recherches Internationales (CERI). Les étudiants peuvent être associés à ces activités de recherche, et ils sont encouragés à creuser ces thématiques dans le cadre de leurs projets collectifs ou pour l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (OPALC), qui permettent ainsi de projeter l’identité du campus. S’ils le souhaitent, les étudiants peuvent, au terme de leur Bachelor, poursuivre une spécialisation sur l’Amérique latine à Sciences Po, au sein du Programme doctoral ou de l’Ecole d’affaires internationales.
L’Amérique latine est bien un laboratoire de l’adaptation à la mondialisation qui a beaucoup à nous apprendre. Son étude « rend plus intelligent », pour paraphraser l’historien Fernand Braudel, ce qui permet aux étudiants du campus de Poitiers de disposer d’un avantage comparatif dans la suite de leur cursus dans l’ensemble des Masters de Sciences Po et dans la préparation de leur projet professionnel.

 

Olivier Dabène
Professeur des universités
Directeur